Par Alejandro Rigatuso, Fundador y Director de Fundación Loros
Quelques semaines plus tôt, quelqu'un du village avait capturé cet amazone et l'avait amené à la Fundación. C'était un beau spécimen, au plumage d'un vert profond, avec la couronne jaune bien dessinée et des taches rouges sur les ailes — le genre d'oiseau qu'on regarde et dont on devine aussitôt qu'il a déjà vécu beaucoup. Il avait perdu sa bague d'identification, mais l'équipe n'eut pas besoin d'autres indices : ce loro était libre depuis longtemps, et cela se voyait.
Le dimanche 29 mars, Omar le sortit de l'Aviario 1A et le posa sur le mangeoire en plein air. L'oiseau ne broncha pas. Il resta là, tranquille, grignotant une cacahuète avec toute la sérénité du monde, comme s'il savait parfaitement ce qui l'attendait. Quand il eut terminé, il ouvrit les ailes et s'envola seul, sans que personne n'ait eu à le pousser.
C'est ainsi que s'acheva le passage de cet amazone — vraisemblablement *Amazona ochrocephala* — par la Fundación Loros : sans éclat, sans cérémonie. Juste un oiseau qui savait déjà ce qu'était la liberté, et qui avait pris le temps de manger quelque chose avant d'y retourner.
À propos de l'auteur
Alejandro Rigatuso · Fundador y Director de Fundación Loros
Alejandro Rigatuso est arrivé à la Fundación Loros après des années comme vice-président Growth Marketing chez Toptal, et il a apporté avec lui un regard peu conventionnel : il sait qu'un animal va bien à ses yeux, « bien, bien ouverts ». Lorenzo, le premier perroquet libéré, recapturé plusieurs fois et toujours remis en liberté, l'a marqué à jamais. Au coucher du soleil, vers cinq heures et demie, on le trouve au Mirador de las Ciénagas ou rôdant autour du Cerro El Peligro, imaginant des tours d'observation et des centaines de perroquets indigènes survolant une réserve qu'une communauté entière ressentirait comme sienne.